8 août 2009

En guise d'épilogue sur Pékin.

Tout d'abord, rendons à Léo ce qui lui est dû, c'est-à-dire le titre de ce blog.

Je déchargeais des tombereaux de souvenirs
Nous étions une histoire et n'avions rien à dire
Moi je prendrai la quatrième dimension
Pour trisser dans l'azur mes jambes migratrices
(Words, Words, Words ..., 1980)

Si j'en crois certains commentaires, j'ai donné l'impression de dresser un mur instantané à la Chine Mao. J'aurais passé mon temps à râler, en bougon vieilli avant l'âge ? ...

Non.
Enfin ...
Parfois.

En vrai, je n'avais aucune idée précise de Pékin. Enfin, si, je mens encore. Je pensais trouver une ville un peu moins moderne, un peu moins betonnée, un peu plus "romantique", comme ils disent, les Chinois. Bon. Ben j'avais tort, et de loin. En gros, j'ai pris ma claque pendant 3 semaines. J'ai jamais (ou si peu) fait la blague du "chinois = fourmis", tellement c'était évident à mes yeux. Vanessa ne sera pas d'accord avec moi, surement, mais moi, j'ai du mal à m'enlever cette image de la tête. J'aime bien les fourmis, cela dit, j'étais même un fan de Bernard Werber.


Petite bourgade de 22 millions d'habitants selon l'estimation officielle, surement plus dans les faits, capitale d'un empire d'au moins 1.3 milliard qui affiche une croissance à deux chiffres depuis (je donne pas de chiffre, je vais dire une connerie) des dizaines d'années, etc ... et je voulais trouver une ville à taille humaine ?

Ben non. C'est énorme. Et bondé ... mais pas tant que ça, finalement - enfin, pas partout, pas tout le temps : la ville est tellement grande que forcément, ça dilue. Et si on évite les transports en commun, on peut être relativement libre de ses mouvements. Donc mis à part le métro, coté promiscuité, ça allait globalement.

Le vrai problème, en plus de la chaleur moite, c'est la pollution, les voitures, le béton. Je vais pas en remettre une couche, mais installer ma tente à la sortie des pots d'échappement d'un 38 tonnes, c'est pas franchement mon idéal de vie. Et avoir les yeux qui pleurent tout le temps, non plus.

Faire 10000 bornes pour s'extasier devant des galeries commerçantes à l'européenne : très peu pour moi.

Cinq périph's et des voitures partout : ok, c'est marrant 10 minutes, mais quand on se rend compte que, du coup, on vit entre deux périph's, on fait moins les malins.

Du béton, du bitume : ah oui, c'est de la ville, me direz-vous. Paris, Londres, aussi. Et pourtant, bizarrement, je pourrais y vivre.

En y repensant, ce que j'ai aimé à Pékin, c'est les morceaux du passé qui y subsistent encore. Temples, parcs, hutong, portes traditionnelles, etc ... Ca, j'ai aimé. Bon, pour être honnête, faut aussi ajouter les magasins où on négocie des vestes à 2000€ à mieux que 20 fois moins. Mais ça, c'est anecdotique.
Voilà l'image que j'en ai, de Pékin. Une fourmilière, monstrueuse construction moderne, absolument pas à échelle humaine. L'Ile de France transformée en une seule mégapole. Bref, du grand n'importe quoi. Ne parlons pas d'écologie ou de développement durable, ce n'est même pas envisageable.

En définitive, mon idéal de ville, c'est plûtot Paris, Aix, le centre-ville de Lyon.
Des places, des cafés, des petites rues sympas.
Du vert aussi, et pas que dans les parcs.
Et si en plus on pouvait ne pas risquer l'asphyxie à chaque carrefour ...

La prochaine fois qu'on fera un tour en Chine, j'irai faire mes courses au Silk Market, ça, c'est sûr. Mais si on pouvait éviter les joyeuses conceptualisations qui ne peuvent s'envisager qu'à partir d'un million, ça m'irait aussi.

A suivre ...

N'empêche, ce séjour m'a beaucoup plu. J'ai découvert une civilisation absolument différente de la notre, avec une autre histoire, d'autres habitudes, d'autres principes. Le lire dans les livres, c'est déjà ça, le vivre, c'est tout autre. Avec un guide de choix en plus, 4 étoiles au Michelin, 20/20 en patience et au moins autant en explications sinisantes. Je voulais découvrir Pékin : objectif atteint. Je conseille, évidemment, malgré toutes mes râleries. Par contre, c'est pas franchement le trip plage / cocktail /farniente ... mais ça, vous l'aurez compris !

24 juil. 2009

Maoselum




Vendredi 24

Peut-on imaginer honneur plus grand que celui qui est fait à ce tyran ? Sur la plus grande place du monde, cette ordure a le droit d'avoir son mausolée personnel, gardé par l'armée et la foule de visiteurs s'y pressant, et comme si l'hommage n'était pas assez clair, son portait officiel domine Tian'anmen et marque l'entrée de la Cité Interdite, résidence pluri-séculaire de l'Empereur. Je dis ordure et tyran, et je pèse mes mots : son score est estimé entre 20 et 70 millions de morts. Oui, évidement, il n'a pas tout fait tout seul, je suppose même qu'il n'a tué personne de ses propres mains, mais il a initié et dirigé, entre autres, le Grand Bond en Avant et la Révolution Culturelle. Le traumatisme en Chine est tel qu'il est interdit de faire des études critiques sur cette période (et le personnage) ; le pékin doit se satisfaire du splendide résumé officiel « 70% de bon, 30% de mauvais ».

Son action doit sûrement est remise dans le contexte de l'époque, mais au final, il a dirigé la Chine pendant plus de 30 ans, avec les résultats qu'on connaît. Je ne suis pas historien, mais j'ai quand même mes idées : si le PCF et une partie de l'intelligentsia française ont suivi ce mec, c'est à mon avis soit par pure idéologie, soit par idéalisme fantasmé. A mon petit niveau, j'avais des idées préconçues sur la Chine : après avoir vu Pékin, je me rends compte qu'on ne peut pas espérer comprendre la Chine sans y avoir vécu un certain temps. Et je me garderai bien de conclure, après seulement trois semaines, sur autre chose que mon expérience personnelle à/de Pékin … Quand on se dit que même le gouvernement chinois ne sait pas réellement se qui se passe en dehors des villes, il faut se sentir très joueur pour émettre des avis tranchés sur ce pays !

J'arrête sur le Timonier. Le culte officiel qui lui est consacré en Chine me turlupine pas mal, je dois l'avouer. Revenons au Maosolé. Au sud de la place Tian'anmen, impossible d'approcher de l'entrée à mon de 50m. Des gardes toute la journée – la nuit, la place est évacuée et inaccessible. Sauf aux chars, et encore ! Trente bonnes minutes d'une queue, au bas mot, qui serpente autour des grilles du bâtiment. Des gardes partout, tous les 20m. La queue avance assez vite. Des chinois partout, aussi. Interdiction d'avoir un sac ou un appareil photo. Check des papiers, check au portique. Ai-je précisé le soleil de plomb de cette fin de matinée ? Ensuite, les marches. Puis entrée dans le mausolé, en rang par deux, sur deux files, une gauche, une droite. Silence de rigueur à petits pas cadencés, et ça ne rigole pas du tout. Une première salle remplie de fleurs blanche et de petites plantes vertes, avec Mao Assis qui nous accueille chez lui. Ambiance pas tout à fait sympa, rappelons-le. On sent qu'on est juste de passage. Puis couloir, court, et accès à la seconde pièce, où Il repose, sous cage de verre, avec le drapeau. On ne voit que sa tête, vieille, très blanche. Interdiction de rester plus de 30 secondes dans la pièce, puisqu'il ne faut pas s'arrêter et que des gardes nous font circuler. Convaincants, les gardes. Donc voilà, on a vu ce qui reste du bonhomme pendant moins d'une minute. Enfin, quand je dis le bonhomme, je suis pas sûr que ce soit lui : quand il a été décidé de l'embaumer, en 76 il me semble, une copie en cire a été réalisée, histoire de pouvoir se rattraper en cas d'échec. Donc bon, on saura jamais ce qu'on a vu.

Pas de photos, évidemment.

A part ça, on a été cherché des bouquins pour mon frangin dans les librairies de la ville. Vers Wangfuding et Xidan. Deux grandes librairies de 5-6 étages, uniquement en chinois. Assez bondées, d'ailleurs – le chinois lit beaucoup ! Et assis par terre, si possible, tranquillement, entre les rayons. On cherchait des bouquins de maths qui, ici, sont copiés sans vergogne. Pas de propriété intellectuelle en Chine, ce qui agace prodigieusement nos multi-nationales ! Pour se rendre compte du statut de la copie ici, il suffit de savoir que les livres de science sont rangés dans des rayons « photocopies ». Tout simplement. Et qu'on peut trouver, donc, des exemplaires de bouquins de maths tordus (Springer-Verlag par exemple) entre 5 et 10€. J'ai vérifié les prix, il faut diviser par 10 environ pour avoir les prix qu'on nous facture. Un scandale. Enfin bon, il est gentil le frangin, mais je vais me les coltiner sur le dos, ses bouquins :-)

Côté photos, rien en rapport avec ce que j'ai raconté ici. J'ai mis quelques instantanés de la vie à Pékin.


Voilà pour aujourd'hui – et un peu d'hier aussi, il faut l'avouer.
Fin de nos aventures chez les Chinois.
On y retournera, j'espère l'an prochain, pour tâter de la Chine des campagnes cette fois-ci !

Demain, départ de l'appart vers 7h, taxi, puis avion à 12h50. On croise les doigts pour le surclassement comme à l'aller, même si on y croit pas vraiment. Arrivée vers 18h à Paris, puis Heathrow vers 20h. On pense être à Oxford vers 22h.



23 juil. 2009

One world, one Dream : la Chine sans les Chinois !

Mercredi 22 - Pi Day !


Féminisant à nouveau ce blog, (oui! vous l'aurez compris, j'ai encore réussi à lui piquer le clavier quelques minutes, le temps de la review du jour! Enfin hâtons nous quand même car il est à craindre qu'il ne reprenne les commandes, son petit déjeuner englouti! Lol) je viens donc vous parler de notre journée d'hier. Nous nous sommes dirigés vers la demeure du prince Gong que je voulais voir depuis quelques temps, réputée pour ses jardin feng shui. Et en effet, je dois dire que c'est très appréciable, un vrai havre de paix avec des jeux d'eau, des montagnes de rochers, de la verdure partout... tout pour nous plaire mais c' était hélas sans compter sur les hordes de touristes chinois. Et quand je dis hordes, je pèse mes mots. Nous nous sommes retrouvés piégés, entourés d'une masse de chinois chacun suivant son guide, au pas de course. Moralité, visiter la Chine sans les chinois c'est mieux.


Mais, j'en oublie de vous compter la blagounette du jour! Enfin, de la veille mais bon...

Tous ceux qui me connaissent savent que je ne lis pas les cartes car à moins de vouloir se retrouver là où l'on ne veut surtout pas aller on ne me laisse pas la carte entre les mains! Ce n'est pas que j'y mette de la mauvaise volonté, vous pouvez me croire j'ai essayé et vraiment essayé, c'est plutôt que tous ceux qui font les cartes s'acharnent contre moi. Moi, je dis ça d'une complète impartialité vous pouvez me croire. Et hier, nous en avons eu la preuve. Pour atteindre notre jardin feng shui, nous devions passer par une zone très touristique mais néanmoins sympathique, en bordure de lacs. Et Thomas, carte à la main, nous dirigeait. Quand au détour d'un hutong (j'en profite pour corriger), arrivés sur les bords du lac sur une promenade magnifique (ornée comme je les aime de lotus et de restaurants!), notre explorateur cheveux dans le vent (ah! Non! il a plus de cheveux) me dit que nous sommes du mauvais coté. Ce qui en soit n'est pas très grave quand on est bon nageur mais ayant préféré ne pas se mouiller dans les eaux de Pékin, nous avons dû faire tout le tour. Arrivés de l' autre coté, il me dit: « hey poulette, je me suis trompé! On était du bon coté! » Donc bon, on fait de nouveau le tour puis je lui dis, moi quand même suspicieuse: « ce pont, là, c'est le même que tout a l'heure. » Futée, me direz vous en faisant le tour, on se retrouve forcement si on ne change pas de voie à un moment au même endroit. Mais bon, chaleur aidant toute logique était sortie de notre esprit. Gerbaud junior, comme j'aime à l'appeler quand il fait son têtu, me dit: mais non! c'est encore loin! Alors moi, me fiant aux expériences passées, je me dis bon c'est moi! Et ben, c'était pas moi ! Et vlan un deuxième tour du lac! pas bien grave en soi, cela dit les tours du lac pour nous c'est encore plus de « hutong tour madam? » lancé par les pousse pousse, à qui on s'empresse de dire non et qui vous lance un « why? » et par cette chaleur, ça compte! Enfin, l'aventurier vexé, la houpette dans le vent me dit: « moi, j'abandonne la carte! » et là grand questionnement dans ma tête: « euh... ben... on va y arriver comment? » Et puis, bon, je me suis dit: il blague!ben non, il blaguait pas. Du coup, moi avec mon talent des cartes sans carte, ben on n'est pas allés loin! Ou plutôt si, loin puisqu'on a refait un tour du lac! Bon, que tout le monde se rassure, on y est arrivé! Et aujourd'hui c'est journée cadeaux! Alors, je vous laisse car Thomas m'attend!


Côté photos : des vues du Hutong Tour, avec les pousse-pousses touristophiles partout ;


Des vieux qui jouent leur argent au mah-jong, échecs chinois, cartes ou go (si si, on en a vu) ;



Une vue d'une ruelle derrière la demeure du Gong ;



Un aperçu des queue-leu-leu de chinois chez Gong (je suis jamais passé aussi près d'un homicide, saleté de groupes de touristes insupportables)(oui, j'ai repris la reine de mon blog) ;



Et enfin, pour finir, quelques grammes de finesse dans ce monde de bitume : les chinois promènent leurs oiseaux au parc.

En cage, évidemment. Mignon.



21 juil. 2009

Sur les pas de Confucius

Mardi 21




Aujourd'hui, direction le Temple de Confucius. Situé juste à côté de la grande lamasserie de Pékin, c'est à dire pas bien loin de notre appart : moins d'une dizaine de stations de métro, sur 3 lignes. Il faisait une chaleur étouffante, l'équivalent improbable entre un grill et une cuisson à l'étouffé. Assez dur de rester ailleurs qu'à l'ombre.



Donc le Temple de Confucius. Je ferai pas l'historique du temple ici, mais il date en gros du 13ème et si je me souviens bien, il n'a pas directement servi aux fidèles. Aujourd'hui j'aurais tendance à dire – si on me demandait mon avis – qu'il sert plutôt de vitrine au confucianisme qu'à autre chose. Sympa, vide, assez espacé. On a bien aimé – normal, on aime les temples nous. On pouvait trouver 139 tablettes de pierre (marbre ?) où sont écrits les supposés enseignements du Maitre. Les tablettes sont vraies, et impressionnantes. Cf photo.


Une expo à rallonge détaillait par le menu la vie de Confucius, qui date du 4ème avant JC. Ne pas s'étonner si on nous présente les jouets dudit bonhomme enfant … alors qu'il n'est pas établi qu'il ait réellement vécu. Un peu comme si on donnait le nom des profs de Jésus à l'école. De vieux trucs sous vitrine, un peu partout. Pas trop mon truc. Si on a pas visité un seul musée en 3 semaines, c'est que c'était pas franchement notre but !


En sortant du Temple, on a cherché un autre temple, pas loin : le Temple de la Terre. Suffisait de traverser les bretelles d'accès du 3ème périph'. 2x5 voies avec des feus traîtres. En plus de manquer de mourir à chaque feu, on s'est fait avoir par ce Temple de la Terre : c'était nul. Un autel assez grand, genre 4 terrains de foot, un faux temple avec de vraies fausses antiquités made in China, bref, l'arnaque. Dépité, un peu fatigué par la chaleur, on a décidé d'arrêter les ballades pour aujourd'hui, et hop, direction Carrefour. J'ai fait le plein des derniers gâteaux que je ne connaissais pas encore – je pense avoir testé quasi tous les gâteaux « typiques » du magasin. Marrant, le Carrefour. Beaucoup de monde (critères occidentaux – vide sûrement pour un Pékinois), des vendeurs partout, qui glandent, un rayon boucherie un peu trash, des poissons vivants, des tortues, des fruits bizarres, un rayon traiteur spécialisé en pieds et têtes de cochons (très bien reconnaissables), avec des têtes et pieds de canards, poules etc … pas d'insectes, mais on a peut-être mal cherché. Pas de photos non plus … Ca reste Carrefour, sinon.

That's all folks.
Demain matin il y a l'éclipse partielle du Soleil, tôt. Je pense qu'on la verra pas, vu qu'on a pas de lunettes spéciales – et de toutes façons, avec les buildings et la pollution …



20 juil. 2009

Qui est dans mon lit?


Ce titre fait référence à notre dernière expérience de la journée, que je m'en vais vous conter. Il était temps de féminiser un peu ce blog, vous aurez compris que pour une fois c'est Vanessa qui écrit!

Notre dernière expérience donc … Thomas avait trop de cheveux depuis ce matin car oui c'est son idée fixe du jour ! Au moins une semaine dit-il en bougonnant … un petit coiffeur découvert au détour d'une promenade de nuit a donc été notre proie … notre proie oui car quand ils nous voient arriver avant que je les rassure avec un peu de chinois, l'anglais les effraie ... en parlant de peur, j'en connais un qui ne faisait pas le malin pour une fois ce qui justifie que ce soit moi qui conte le récit de ce soir. Enfin, il contredira vite fait cette aventure mais après avoir choisi sa coupe au rythme de la musique fashion chinoise traduction (boum boum), Junior a eu très peur me priant de lui emmener devant son miroir ses lunettes afin de voir ce que faisait son chinois de coiffeur. Bon, en fait, ça va. Il est pas trop raté, même si c'est un peu court.



Ayé, c'est re-moi, elle a fini de raconter mes aventures capillaires chez le coiffeur hype de la rue. Je suis trop à la mode Pékinoise, et peut-être que maintenant les petites filles ne me regarderont plus comme un panda échappé du zoo. Sinon, dans le même genre passionnant, ce soir on s'est pété le bide au boui-boui local.

Ah oui, cet aprem j'ai imposé une visite au site olympique, qui est au Nord de Pékin. Tout un quartier bétonné à la gloire des Anneaux. Quelques photos … Le stade (Nid d'oiseau ou quelque chose comme ça) est une ode au béton, assez réussie. En face, le Cube d'eau est pas mal, en journée. Le soir, ça doit rendre mieux s'il est illuminé. L'intérieur est un scandale et a choqué mon coeur de nageur : c'est une vaste attraction touristique. Je suis même pas sûr que les bassins voient des nageurs … Bref, impressionnant de l'extérieur, mais bof bof de l'intérieur. Il faisait une chaleur à crever, on a donc écourté la visite (on voulait aller voir le parc au nord du site). J'ai peut-etre l'air super aigri, mais franchement, les ensembles en beton, ca me lasse. Alors oui, c'est super grand, c'est immense, c'est moderne, ok ... mais bon, l'urbanisme, pour moi, c'est pas que du beton et du bitume ! Allez, j'arrete.



Direction Silk Market, pour négocier un manteau pour l'hiver. Ca va parler thunes … mais ça fait partie du deal : tout se négocie ici, surtout quand on est touriste. J'ai brisé le coeur d'une vendeuse qui voulait absolument me refourguer un manteau bizarre mal coupé. On s'est bien marré : initialement à 180€, prix « ami de la Chine », on s'est quittés sur un 20€ larmoyant lancé de son étal … hey, je vais pas acheter un manteau qui me plait pas, en fait, hein ? Meme si le prix est absurde. Du coup, on a atterri chez une autre, pour en gros le même prix de départ, toujours type prix « ami de la Chine » obtenu quand Vanessa leur parle, et après déjà 10 minutes d'essayage en chinois / anglais, hein, pas prix US, cad sans marchandage ( depuis quand on achète quelque chose au Silk Market en se fiant au prix de l'étiquette ? C'est écrit dans tous les guides que c'est de l'arnaque. Meme les vendeurs y croient pas, a leur premier prix).

Ma technique de négociation basique à base de « 50 €, and it's my last price » dès le début a permis à Vanessa de bien la faire pleurer, et elle a géré un 4ème « last price » ( genre les yeux dans les yeux, on est amis, honnetes, je peux vraiment pas descendre plus bas, ça me fend le coeur etc ) à 80€. Puis il a fallu monter. On a pas essayé de faire le coup du « too expensive, so good bye », on le sentait pas, et c'était pas la technique choisie. On a conclu à 70€. Une honte, pour un Armani, en cachemire …

Bon, j'arrête avec notre shopping de la journée. Je pourrais aussi vous raconter comment Vanessa divise un prix par 3 en 45 secondes chrono … mais ce sera pour une autre fois. Ahhh, ça va nous manquer ces négociations !


19 juil. 2009

Temples & Demons

Dimanche 19


Encore et toujours des temples. Marre des centres commerciaux sur-dimensionnés, marre du métro, marre de la foule. Donc comme en plus on a réussi à se lever à une heure décente ce matin (ie 10h, on est en vacances !), on est parti sur un trip temple. Un taoiste, un bouddhiste, pour équilibrer – manque un temple de Confucius, mais on en avait pas à proximité. Et le Temple de Confucius, le gros, c'est pour mardi ou mercredi.



Direction Chaoyang. Dongyue Temple, consacré au Dieu du Mont Tai. Date de ~1300. Pas plus de 5 stations, mais 2 changements. Une bonne demi-heure. Comme d'hab, le temple est paumé entre les routes, buildings, malls, restos etc, mais on galère pas trop. Facile, en fait. Un litre de thé vert, un coca et 10 yuans l'entrée (1€ pour ceux qui suivent) : à nous le temple. Bonne surprise : une grosse collection de dragons à tablette (paraît que c'est le nom, moi je préfère dire « tortues à obélixsme ») dans la cour principale. Avec – il paraît – des qui datent de plus de 2500 ans. J'ai réussi à ne pas toutes les prendre en photos, mais j'ai eu du mal. J'aime ces stone tablets … Autre surprise : plein de pièces avec différentes divinités Taoistes, dont des démons – ou ésotériques, je suis pas très au point en taoisme. Avec des tronches très bizarres : des monstres, des homme-bêtes, des animaux, des aliens à la peau bleue etc. Très surprenant. Le tout en terre cuite. On se croirait dans un film de SF des années 30, avec des monstres tellement tout pourris qu'on y croit même pas. L'idée était d'illustrer différentes facettes de la vie du pratiquant taoiste, plus ou moins. Et de se garder des choses négatifs par la prière … Bref. Intéressant et ludique.



Problème : pas de photos des autels avec les grandes déités. Très jolis pour certains. «No photographies»+ gardes + kung-fu = Faudra venir les voir de vos propres yeux, désolé … Pas mal en tout cas. Du vieux, du pas éclairé, du pas encore reconstruit (temple saccagé au 20ème siècle), mais le tout assez impressionnant, avec des statues de bien 5m de haut, dans la pénombre, avec des épées comm'ac et des têtes pas forcément très humaines.


Second temple. Allez, je vous retrouve le nom : Temple de la Sagesse Accomplie. Un peu vide. Quelques bouddhas bien vieux, mais rien de transcendant. Vide, car vidé : 9999 petits bouddhas devaient tenir compagnie au gros dans sa chapelle, mais il y a eu des vols par des moines, et maintenant ils sont dans un musée aux US. Génial. Comme un morceau du plafond d'un autre autel. Dommage.


Fin de la journée dans une librairie de 6 étages, remplie de chinois, histoire de trouver des livres souvenirs (pour moi) et des livres en tchong-tchong (pour la miss). Rien de fantastique, à part les prix.




18 juil. 2009

Toujours plus de temples

Samedi 18


J'ai pas sommeil, et il fait nuit – 1h du mat' ici, mais me connaissant, c'est presque normal que je dorme pas. Du coup, j'ai fait des panoramas qui traînaient, histoire de pas en avoir 250 à faire en rentrant. Je viens de finir la palanquée prise lors de la visite du plus grand temple taoiste de Pékin, le Temple du Nuage Blanc. J'en ai déjà parlé de ce temple. On avait franchement apprécié. Très tranquille, très joli, très encensé.



Quelques photos donc. Les moines taoistes sont généralement des adeptes du kung-fu, ce qui explique le faible nombre de déités photographiées. C'était formellement interdit de prendre en photo l'intérieur des temples … j'ai réussi à en faire quelques-unes, mais bon. Ces temples sont en cours de rénovation. Tout du moins l'extérieur. L'intérieur reste, globalement. Et les statues aussi. Dont celles en forme de tortues, avec de grands obélisques sur le dos. Je sais pas trop ce que c'est, mais on en a vu partout. Et c'est écrit en chinois ancien dessus. Vieux, donc. A noter que si ces temples ont résisté aux velléités du Grand Timonier, il convient de rester prudent quant à leur résistance aux buildings. Tant que les chinois s'en servent de lieux de cultes, ils devraient tenir.



Bulles & Cie

Samedi 18



Aujourd'hui, pris d'une flemme d'un fort beau gabarit, nous avons bullé toute la journée. Vanessa s'est réveillée vers les 16h, un vrai scandale. Peut-être à cause de la tea-house d'hier. Ils mettent quoi dans leur thé ces chinois ? … Bref. Et on est en vacances, alors quoi, on a bien le droit de faire un break avec le métro bondé, les périph's partout et les menus de resto en chinglish piégés.

Tiens, le métro. Une expérience à part entière. Surtout à 19h, sur la ligne 1, au niveau des stations de transfert. Le métro de Paris aux heures de pointe, c'est rien. J'avais jamais mis 15 minutes pour une correspondance, à marcher à 10 de front dans des couloirs super longs et complètement bondés. Je me demande quand ils vont se décider à doubler la ligne 1, ce sera pas du luxe. Toujours pleine à craquer, à toute heure du jour et de la nuit – j'exagère un peu, mais on a toujours été vraiment serré sur cette ligne, entre notre quartier (CBD) et, mettons, un peu avant Tian'anmen. Conclusion : le métro de Paris, c'est une blague.

Puisqu'on va pas prendre des photos de l'appart, on a mis quelques photos intelligentes de nous. Avec des lotus, pris par des touristes français un peu paumés avec les boutons de leur appareil photo, au parc Beihai. Genre photo de mariage, prise avec un faux fond. Mais avec des vrais lotus partout, Vanessa est amoureuse. Et une photo du même parc, du haut d'un belvedere, où j'ai comparé mes dents avec celles d'un dragon. Je lui ai tellement mis la paté qu'il en est devenu tout stone. Désolé.



Enfin, on pourrait vous parler de shopping, du marchandage de Vanessa avec les vendeurs, de notre technique très au point etc … Tiens, notre technique : je suis le bougon, râleur, qui trouve ça trop cher. Elle est la gentille qui négocie. Première étape : tout en anglais, on est intéressés, on flâne dans le magasin (enfin, magasin, faut le dire vite … dans l'étal) en discutant en français, on demande le prix, et on montre bien que franchement, c'est trop cher. Deuxième étape : on divise le prix initial par au moins 5. Ca fait souvent rigoler le vendeur. Puis Vanessa se rappelle qu'elle a un Master 2, et poursuit négligemment la conversation en chinois. Ce qui retourne souvent le cerveau du vendeur. Après, moi, comme je comprends que le cantonnais, je laisse un peu tomber, mais je râle en français dès que ça parle d'argent. Finalement, puisqu'on est des amis de la Chine, qu'on veut habiter à Pékin dans 2 ans, qu'on va se marier et que le commerce avec la Chine, c'est notre passion (si j'ai bien tout compris ce qu'ils se racontent, ces deux là) on obtient grosso modo le prix qu'on voulait. Le costard sur mesure en lin était à 120€ (prix américain), on l'a eu à 70€. Et pour une petite robe en pure soie noire, aussi sur mesure, je vous le dis pas tellement c'est indécent. J'ai même scandalisé la vendeuse, puisque je négociais un cadeau. Bref. De toutes façons, y a pas le choix : si on négocie pas, on paie presque plus cher qu'en Europe, et ici, ils négocient tout de toutes façons.



Voilà pour aujourd'hui.

On a faim, on va aller manger du riz.


17 juil. 2009

Temples à gogo


Mercredi 15 + jeudi 16



Je me suis un peu mélangé les pinceaux dans les dates et dans ce qu'on a fait, mais c'est pas bien grave. Au programme de ces deux jours : la visite du Temple du Ciel, et un gros temple taoïste. Comme il pleut aujourd'hui, nous sommes restés à la maison, en mode cool. Ca me laisse un peu de temps pour bafouiller ces 2-3 mots.


Le Temple du Ciel, c'est en fait un parc où l'Empereur allait faire des sacrifices rituels. A base d'animaux. Le parc est quand même sacrément grand, genre immense. Nous, gens du Sud, on a l'habitude de raisonner par rapport à Aix-en-Provence : bon, le parc pouvait contenir toute la ville, tour de ville inclus, et encore, largement. On en a fait le tour, mais on a mis 3 ou 4h. C'était pas trop plein de chinois, pour une fois. Perdu au milieu du parc / temple, un autre « petit » temple (un peu plus petit que la place Tian'anmen) consacré à la musique traditionnelle. Avec un petit concert d'instruments anciens – très sympa. Journée fatiguante pour les pieds, mais reposante pour la tête : du vert, du joli, du beau … vive les parcs. Côté photos, on vous a sélectionné le meilleur du meilleur, à savoir : une vue du Temple du Ciel, où l'Empereur se reposait, Vanessa qui prend la pose, un bout de jardin à la chinoise et une petite idée de la grandeur du jardin. On a aussi vu des grand-mères qui dansaient sur de la musique non pas folk, mais genre dance. Elles étaient à fond, Vanessa voulait même que j'aille les draguer. Fidèle tel le castor à son barrage, je ne l'ai pas écouté.



Hier, donc, c'était la visite du plus gros temple taoïste de Peking. Ce temple, on a failli le louper, parce qu'il était caché sous les grues de constructions. En fait, on s'est demandé comment le temple allait résister aux travaux d'à côté … genre une bavure est si vite arrivée, quand on a un tracto-pelle dans les pognes. Ce « petit » temple (à la louche 20 batiments, 300x50m) qui a bravé l'ère Mao succombera-t-il à l'ère Caterpillar ? Ce serait dommage quand même … J'ai fait plein de photos et panoramas, mais j'ai pas le courage de les assembler maintenant, donc faudra attendre. C'est quand même ballot, c'était très joli. Nous avons particulièrement apprécié les encensoirs (enfin, surtout moi), car ils étaient tous très kiffables. On a pas eu la chance de voir une démonstration de boxe chinoise (= kung-fu) … Pleins de petits temples, avec comme souvent ici un gros bonhomme au milieu. Chez les taoïstes, c'est pas des Bouddhas, évidemment, c'est des déités. On a vu la déité qui rend riche, qui fait prospérer tes affaires, qui fait vivre vieux, qui protège des ennemis et tutti quanti. Très peu de monde, encore moins de touristes, c'était très bien. Faut dire qu'il fallait être rusé comme le renard pour le trouver, ce templounet. Un peu déçu de pas trouver de Bouddha de 18m de haut … – ah, tiens, Vanessa me dit que je n'ai rien compris aux philosophies chinoises.



Allez, on va manger des nouilles et quelque chose si possible proche du canard dans une des gargottes d'à côté. Nous on appelle ça un « boui-boui » infâme, mais en fait, c'est super bon. Il faut juste passer l'étape de la commande en mode stress, avec la serveuse aux basques et le menu en chinois. La patience de la serveuse est de l'ordre de 3s. Hier, j'ai mangé une soupe au chou et au blanc d'oeuf cru, parce que « poulet » et « oeuf » ça se traduit pareil en anglais pour les chinois. C'était pas fameux … Je ferai plus jamais la commande ...



15 juil. 2009

Un Bouddha de 18m de haut

Mardi 14


Taillé dans un unique morceau de bois. Une statue légèrement imposante, située dans la grande lamasserie de Pékin. Lama Temple, en anglais. Plein de temples les uns à la suite des autres, au plein cœur de la ville. Peu de gens, en fait. Surtout pas de groupes insupportables, avec guide au micro facile. Que des fidèles bouddhistes qui viennent prier leur Bouddha, et des touristes en vadrouille. Dont nous. Une chaleur écrasante, mais du ciel bleu, pour une fois. Rare. Les lendemains de pluie, uniquement, quand l'air pollué a été lavé. Ça dure jusqu'à 15-16h, et ensuite, on repart en mode brume. Le soir, on n'arrive plus à voir le building d'en face. Dire qu'on respire ça…



Donc des bouddhas partout, pas trop de monde, et pleins de belles photos. Enfin, ça, c'est mon avis, que je partage et respecte vu que c'est moi qui les prends, les photos. Manque de bol, on pouvait pas photographier le Giant Bouddha. Et les Bouddhas ésotériques – en pleine illustration du Kama Sutra – étaient pudiquement recouvert de draps oranges. Ca jurait un peu avec le bleu des statues… et ça énerve, je suis sûr que ça aurait pu être sympa.



Très bons moments dans la lamasserie, donc.

On a pas vu le Dalaï, évidemment. Il évite Beijing en ce moment...


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14 juil. 2009

Le Palais d'été – le chinois est bruyant.

Lundi 13 – enfin, écrit ce mardi 14 après un resto japonais très bon et sans sushis.


De retour sur le net après mes péripéties linux-esques. Saleté d'initrd tout cassé. J'avais rien fait en plus, moi… Cette situation de plantage informatiquement récurrent nous a permis de nous rendre compte de la limitation des points Internet à Pékin. Très de salles avec accès libre (payant évidemment, mais presque pas finalement, vu que c'est du 0.3 €/h), il faut décliner son identité et évidemment certains sites sont bloqués –par exemple, dans celui où on était (bien loin de chez nous), Google.com était directement remplacé par Google.cn. Bref. Pas passionnant, mais à moins qu'on soit franchement des manches, Internet sans pc perso à Pékin, c'est pas gagné.



Retour au palais d'été. Un palais dans un parc, au niveau du 4ème périph'. 45 minutes de métro pour traverser la ville SE-NO. Pour 2 yuans/personne, un vrai scandale. Les alentours sont hideux, je n'en parlerai donc pas. Deux mots du temps : lourd, chaud, humide. Le problème, c'est moins la chaleur que l'humidité. Implacable, puisque le parc est construit autour d'un lac. Après nos 20 bonnes minutes de marche -principalement occupées par la traversée du-dit périph'– nous avons attaqué le parc par le sud. Pour contourner le lac et atteindre le palais proprement dit, il faut bien compter 1.5 heure, le temps de faire quelques photos avec les lotus. L'ambiance laiteuse est due à la brume permanente. Très humide…

Voilà pour le coté tranquille. Pourtant, c'était un lundi… La partie « palais » du palais était pleine de vieux monuments, de cours intérieures très calmes, de toits peuplés de dragons protecteurs, mais malheureusement aussi bondée de Chinois bruyants, groupés au drapeau et rameutés par leur guides microphonés, aucun n'envisageant la moindre action sans avoir la certitude que ses 30 congénères fassent de même. Et tant pis pour la grammaire : j'en aurais bien bouffé un –en plus j'avais faim.

Passés ces quelques détails, on peut toutefois annoncer que le Palais d'été, c'est chanmé. En haut du haut du palais (j'ai zappé les noms ronflants du genre Grand Encensoir du Bouddha Miraculeux, ou Jardins Voluptueux de l'Harmonie Idéale), on a eu la chance de se retrouver un peu plus seuls, au prix de quelques souffrances physiques (humidité + escaliers raides + tongs = liaisons dangereuses). On a croisé un Bouddha à mille bras là-haut, tranquillement en train de contempler la vue. Jolie, mais brumée.

En bas, sur le lac, y avait un bateau en marbre. Sur l'eau.



Impressionnant, haute valeur touristique ajoutée, mais j'avoue que j'ai pas vraiment accroché. Les guides me tueraient ...



Le soir, on a mangé Tibétain à Pékin.
C'était trop bien.

Avec du yak, du thé au beurre de yak et du vin glacé au lait.
C'était yakement bon.