Je déchargeais des tombereaux de souvenirs
Nous étions une histoire et n'avions rien à dire
Moi je prendrai la quatrième dimension
Pour trisser dans l'azur mes jambes migratrices
(Words, Words, Words ..., 1980)
Si j'en crois certains commentaires, j'ai donné l'impression de dresser un mur instantané à la Chine Mao. J'aurais passé mon temps à râler, en bougon vieilli avant l'âge ? ...
Non.
Enfin ...
Parfois.
En vrai, je n'avais aucune idée précise de Pékin. Enfin, si, je mens encore. Je pensais trouver une ville un peu moins moderne, un peu moins betonnée, un peu plus "romantique", comme ils disent, les Chinois. Bon. Ben j'avais tort, et de loin. En gros, j'ai pris ma claque pendant 3 semaines. J'ai jamais (ou si peu) fait la blague du "chinois = fourmis", tellement c'était évident à mes yeux. Vanessa ne sera pas d'accord avec moi, surement, mais moi, j'ai du mal à m'enlever cette image de la tête. J'aime bien les fourmis, cela dit, j'étais même un fan de Bernard Werber.

Petite bourgade de 22 millions d'habitants selon l'estimation officielle, surement plus dans les faits, capitale d'un empire d'au moins 1.3 milliard qui affiche une croissance à deux chiffres depuis (je donne pas de chiffre, je vais dire une connerie) des dizaines d'années, etc ... et je voulais trouver une ville à taille humaine ?
Ben non. C'est énorme. Et bondé ... mais pas tant que ça, finalement - enfin, pas partout, pas tout le temps : la ville est tellement grande que forcément, ça dilue. Et si on évite les transports en commun, on peut être relativement libre de ses mouvements. Donc mis à part le métro, coté promiscuité, ça allait globalement.
Le vrai problème, en plus de la chaleur moite, c'est la pollution, les voitures, le béton. Je vais pas en remettre une couche, mais installer ma tente à la sortie des pots d'échappement d'un 38 tonnes, c'est pas franchement mon idéal de vie. Et avoir les yeux qui pleurent tout le temps, non plus.Faire 10000 bornes pour s'extasier devant des galeries commerçantes à l'européenne : très peu pour moi.
Cinq périph's et des voitures partout : ok, c'est marrant 10 minutes, mais quand on se rend compte que, du coup, on vit entre deux périph's, on fait moins les malins.
Du béton, du bitume : ah oui, c'est de la ville, me direz-vous. Paris, Londres, aussi. Et pourtant, bizarrement, je pourrais y vivre.
En y repensant, ce que j'ai aimé à Pékin, c'est les morceaux du passé qui y subsistent encore. Temples, parcs, hutong, portes traditionnelles, etc ... Ca, j'ai aimé. Bon, pour être honnête, faut aussi ajouter les magasins où on négocie des vestes à 2000€ à mieux que 20 fois moins. Mais ça, c'est anecdotique.
Voilà l'image que j'en ai, de Pékin. Une fourmilière, monstrueuse construction moderne, absolument pas à échelle humaine. L'Ile de France transformée en une seule mégapole. Bref, du grand n'importe quoi. Ne parlons pas d'écologie ou de développement durable, ce n'est même pas envisageable.
En définitive, mon idéal de ville, c'est plûtot Paris, Aix, le centre-ville de Lyon.
Des places, des cafés, des petites rues sympas.
Du vert aussi, et pas que dans les parcs.
Et si en plus on pouvait ne pas risquer l'asphyxie à chaque carrefour ...
La prochaine fois qu'on fera un tour en Chine, j'irai faire mes courses au Silk Market, ça, c'est sûr. Mais si on pouvait éviter les joyeuses conceptualisations qui ne peuvent s'envisager qu'à partir d'un million, ça m'irait aussi.
A suivre ...
N'empêche, ce séjour m'a beaucoup plu. J'ai découvert une civilisation absolument différente de la notre, avec une autre histoire, d'autres habitudes, d'autres principes. Le lire dans les livres, c'est déjà ça, le vivre, c'est tout autre. Avec un guide de choix en plus, 4 étoiles au Michelin, 20/20 en patience et au moins autant en explications sinisantes. Je voulais découvrir Pékin : objectif atteint. Je conseille, évidemment, malgré toutes mes râleries. Par contre, c'est pas franchement le trip plage / cocktail /farniente ... mais ça, vous l'aurez compris !






























